Le tatouage japonais

Le tatouage était associé à la mafia des «Yakusa». Ils étaient hors de la loi mais ils possédaient un strict code moral pour défendre le peuple. Ils exprimaient leurs idéaux à travers le tatouage. Le procès était douloureux, ce qui démontrait leur courage; il était permanent, ce qui démontrait leur loyauté et il était illégal ce qui les rendait des marginaux pour toujours.

Dans le tatouage japonais classique, on voit des héros légendaires et des motifs religieux qui peuvent être combinés avec des décorations florales, des lunes, des paysages et des animaux symboliques comme les dragons et les tigres, avec des fonds de vagues, de nuages et d’éclairs. Les dessins n’étaient pas petits puisque les Japonais ont déplacé la peinture traditionnelle aux corps, avec le résultat d’un grand dessin qui couvre la totalité du dos, de la poitrine et des côtes.

On croit que le tatouage du corps entier se constituait pour cacher les marques des châtiments.

A partir de la fin du XVIII siècle, on repère ses tatouages.
Les dessins les plus habituels étaient les bouddhistes et les scènes du «Sukoden». Ils représentaient un grand compromis émotionnel et économique. Chaque dessin s’associait à un attribut qui, à son tour, s'ajoutait à le personnalité de l’individu tatoué.

Pendant le XVIII siècle, cet art devient une manie du collectionnisme parmi les classes ouvrières, surtout dû au best-seller chinois «Sukoden», dont les personnages étaient 108 marginaux considérés comme des héros puisqu’ils se rebellaient contre l’autorité.

Utagawa Kuniyoshi fit des plaques avec des images de chaque héros tatoué. De nos jours, elles sont considérées comme des pièces de collection.

Pendant cette période, en Edo, ancien nom de Tokyo, la culture populaire du Japon se développait.

L’art japonais d’imprimer le bois s’ajustait aux besoins de l’époque. Ces impressions s’appelaient Ukiyoe. Elles avaient une grande influence sur les tatouages. Fréquemment, on voyait les aimants qui portaient chacun la moitié d’un tatouage, dont ensembles formaient un seul tatouage (Irebokuro).
Les japonais formalisaient aussi leur relation avec les dieux, loin la quotidienneté, à travers les tatouages réalisés dans les temples.

En 1842, l’empereur Matsuhito interdit les tatouages puisque le Japon s’ouvrait à l’Occident et il ne voulait pas que les étrangers le trouvent un pays sauvage.

Cette interdiction s’associe aussi à la doctrine de Confucius : «le corps doit conserver la même forme qu’il reçoit le jour de la naissance».

Malgré cela, ce sont les étrangers qui ont complimenté cet art : les petits-fils de la Reine Victoire, l’héritier russe Nicolas II et d’autres dignitaires européens se sont tatoués au japon.
Le tatouage japonais a un succès mondial dû à son niveau artistique: il possède un dessin intégral et une sophistication des techniques du dessin.

Traditionnellement, il était élaboré à la main, avec un bâton pointu avec des aiguilles.

Pendant qu’on étirait la peau avec une main, avec l’autre on lochait rythmiquement la surface à tatouer. Cette méthode était très coûteuse et elle prenait trop de temps. Avec une visite par semaine, pendant un an, on arrive à se tatouer le corps entier (Irezumi).

Aujourd’hui, au Japon, le tatouage n’est pas forcément un signe de marginalité.

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